Dispositif SILAPSY

DATE DE PUBLICATION

2018

TYPE

Sous-locations / Baux-glissants avec accompagnement renforcé.

NOM

Dispositif SILAPSY dispositif de sous-location/bail glissant avec accompagnement social et psychiatrique renforcé.

Structure co-portée par le bailleur social Silène, l’association l’APUIS et le pôle de psychiatrie adulte du centre hospitalier de Saint Nazaire

Contacts :

Centre hospitalier : Jean-Luc LECHAT Tel : 0240905242 j.lechat@ch-saintnazaire.fr

APUIS : Valérie GAUTHIER Tel : 02.40.53.37.63/02.40.53.65.46 gauthier.v@lapuis.asso.fr

Silène : LATOUCHE Roselyne Tel : 02.53.46.08.66   rlatouche@silene-habitat.com

LOCALISATION

SAINT-NAZAIRE

Association A.P.U.IS

39 bis rue Voltaire 44600 Saint Nazaire Tel : 02 40 53 37 63

OBJECTIFS

  • Permettre une insertion sociale pour une personne sans domicile et qui a besoin de soins psychiatriques
  • Favoriser l’accès et le maintien dans un logement ordinaire des personnes en souffrance psychique.
  • Offrir un accompagnement sanitaire et social intensif et adapté aux besoins individuels.
  • Coordonner les actions des différents professionnels intervenant dans la prise en charge des personnes en souffrance psychique.

Informer et sensibiliser les acteurs du territoire afin de faciliter l’intégration sociale des personnes en souffrance psychique.

ORIGINE DU DISPOSITIF

Un repérage de besoins par différents services partenaires

L’Office Public SILENE est régulièrement interpellé sur la situation de locataires de leurs ensembles immobiliers présentant des troubles chroniques du comportement qu’ils ne parviennent pas à traiter seuls.

De son côté, l’association l’APUIS rencontre régulièrement dans ses différents services des personnes en souffrance psychique qui ont des difficultés à accéder et/ou à se maintenir dans les structures classiques d’hébergement et de logement

Pour sa part l’hôpital psychiatrique est confronté à des patients qui sortent d’hospitalisation avec des solutions d’hébergement précaire ou bien sans solution d’hébergement. Cela amène des ruptures dans les processus de soin et bien souvent un retour vers une hospitalisation. Par ailleurs, l’hôpital est aussi confronté à la difficulté de trouver des solutions adaptées pour les sorties des appartements thérapeutiques: il n’existe pas de service reconnu pour continuer le suivi et l’accompagnement des personnes et ainsi sécuriser la sortie.

Aussi, les trois porteurs de projets partagent le constat suivant :

  • Il n’existe pas sur le territoire de Saint-Nazaire de travail spécifique pour le logement des personnes en souffrance psychique et/ou psycho-sociale ;
  • Or, certaines de ces personnes rencontrent des difficultés d’insertion dans le logement, soit en raison des troubles de jouissance (nuisances sonores, impayés, hygiène, vie collective) pouvant aboutir à une expulsion du logement, soit en raison d’une difficulté pour accéder au logement.

Ainsi, le bailleur social SILENE, l’association l’APUIS et les services de psychiatrie ont décidé de s’associer pour mettre en place un dispositif de sous-location/bail glissant avec accompagnement social et psychiatrique renforcé.

DATE DE MISE EN OEUVRE

Avril 2015, mise en œuvre effective en janvier 2016

PROFESSIONNELS IMPLIQUES

Suivi assuré par un référent éducatif et un référent du soin psy

1 ETP de travailleur social reposant sur 8 travailleurs sociaux intervenant actuellement sur le CHRS

2 médecins psychiatres mis à disposition du dispositif par l’hôpital : le médecin de l’EMPP et celui des ADR

Les infirmiers psychiatriques de l’EMPP et des CMP mis à disposition par l’hôpital

Pour le pilotage du dispositif, du personnel d’encadrement du bailleur social, de l’association l’APUIS et des services de psychiatrie est mis à disposition

PUBLIC VISE

Personnes adultes majeures qui connaissent des souffrances psychiques, et qui peuvent cumuler plusieurs facteurs de précarité, mais qui sont motivées pour :

  • Vivre dans un logement en sous-location avec bail glissant et l’occuper selon les droits et devoirs de tout locataire
  • S’engager dans un accompagnement avec des professionnels de la santé et du social c’est-à-dire accepter de les rencontrer une fois par semaine

CAPACITE D'ACCUEIL

10 personnes

DESCRIPTIF DU DISPOSITIF

Organisation générale

A terme un « volant » de 10 appartements repartis dans la ville et situés au sein de petites résidences. A ce jour 6 appartements sont en fonction.

Le bailleur social a pris soin de ne pas situer tous les appartements sur un même quartier et de repartir les possibilités dans des quartiers bien insérés dans la ville.

La durée de « séjour » au sein du dispositif est de 12 mois.

 

Admission

Les ménages sont repérés par l’un des 3 porteurs du projet :

  • Dans le premier cas, personne déjà logée : la personne est repérée par SILENE en raison des problèmes de vie collective posés par son occupation du logement : plaintes des voisins en raison de nuisances sonores, problèmes d’hygiène, comportement atypique entrainant des peurs, une mise à l’écart du ménage par l’entourage, situation de fragilité entrainant l’hébergement de tiers générant des problèmes avec le voisinage… La proposition d’accompagnement dans le cadre de Silapsy constitue alors une alternative à une procédure contentieuse menée par le bailleur dans le but d’expulser le ménage.
  • Dans le second cas, personne sortant d’hospitalisation : la personne est hospitalisée au sein du service psychiatrie de la Cité Sanitaire à Saint-Nazaire. Elle éprouve le désir et est reconnue comme en capacité par l’équipe médicale d’accéder à un logement autonome. Cependant, sa situation au regard de sa santé rend difficile l’accès au parc classique, sans un accompagnement adapté. Le dispositif Silapsy propose donc que le logement ne devienne plus l’objectif de l’accompagnement mais son point de départ. Le logement accompagné est un levier dans le parcours d’insertion sociale et d’accompagnement dans le soin aussi longtemps que nécessaire.
  • Dans le troisième cas, personne sortant d’un appartement thérapeutique et ayant bénéficié d’un contrat de soins de 2 ans : Elle éprouve le désir et est reconnue comme en capacité par l’équipe médicale d’accéder à un logement autonome. Cependant, sa situation au regard de sa santé rend difficile l’accès au parc classique, sans un accompagnement adapté.

Dans tous les cas, les ménages sont rencontrés par SILENE, l’APUIS et les services de psychiatrie. Il s’agit alors d’établir un diagnostic partagé – pour avoir une lecture de la situation de la personne- indispensable pour permettre une décision « éclairée » de la commission. La décision d’entrée dans le dispositif est validée par une commission d’admission réunissant des représentants de ces 3 institutions.

 

L’accompagnement avant l’entrée en logement

L’équipe de l’APUIS propose des rencontres préalables à l’entrée dans le logement, afin de préparer le projet de logement de la personne, en fonction de sa situation et de ses souhaits : définition du logement recherché (taille, quartier, proximité, loyer…), accès aux droits, budget prévisionnel, articulation avec les autres professionnels, réflexions et soutien autour du projet, recherche de mobilier. À travers la démarche du choix du logement, il s’agit de s’adapter aux besoins et situations des personnes. Ce travail s’effectue en lien avec le bailleur social SILENE.

 

L’accompagnement dans le logement

Dès son entrée dans un logement de sous-location, une équipe de professionnels accompagne la personne pour faire face avec elle aux besoins qu’elle peut rencontrer : gestion administrative, santé, isolement…L’objectif de l’accompagnement est donc de considérer la personne accueillie dans la complexité de son tableau psychiatrique, somatique et social. Dans cette optique, l’accompagnement médico-social proposé dans le cadre du dispositif SILAPSY est donc axé sur la réduction, pour la personne et pour son entourage, des préjudices occasionnés par des comportements inadaptés. Il vise à réduire les conséquences négatives de la souffrance psychique et/ou médico-sociale, plutôt que de chercher à l’éliminer.

Cela nécessité une coopération où l’interdisciplinarité doit prévaloir : chaque professionnel observe, comprend et décrit la situation des personnes avec son langage, ses concepts, ses outils de travail. Ce sont ces différents regards, cette co-construction qui permettront de comprendre et d’inventer, ensemble, des moyens de sortir des impasses dans lesquelles les personnes en souffrance psychique se trouvent et mettent parfois, ceux qui les accompagnent.

L’accompagnement se fait avec la libre adhésion de la personne et sa participation pleine et entière.

Le ménage bénéficie tout au long de son inscription dans le projet Silapsy d’un triple suivi : l’accompagnement à la gestion locative, l’accompagnement social lié au logement, l’accompagnement médical adapté.

Les modalités de l’accompagnement (objectifs, rythme, intensité…) sont définies avec la personne et les partenaires.

 

L’accompagnement à la gestion locative consiste en :

L’établissement et le suivi du contrat de bail glissant ; Les états des lieux entrant et sortant ;

L’installation du résident ; Les travaux de remise en état du logement ;

L’encaissement des loyers. Les logements fournis ne sont pas meublés.

 

L’accompagnement social lié au logement peut porter sur :

L’aide à l’installation dans le logement, L’aide à l’appropriation du logement, L’aide dans les démarches administratives, L’aide dans la gestion du budget, L’insertion dans le quartier,

L’apprentissage des droits et devoirs du locataire

L’accompagnement est assuré par un binôme de travailleurs sociaux. Cela permet d’avoir un regard croisé des intervenants, plus à même de repérer les difficultés et les besoins spécifiques pour un soutien adapté, mais aussi et surtout pour repérer et valoriser les compétences des personnes.

L’accompagnement s’effectue principalement sous forme de visites à domicile. Celles-ci peuvent être, en cas de besoin, pluri-hebdomadaires. Un accompagnement physique dans les démarches peut également être possible.

L’accompagnement s’appuie sur les ressources du quartier et les partenaires extérieurs (par exemple, Service d’Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS), Service d’Accompagnement Médico-Social pour Adultes Handicapés (SAMSAH), les Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM), auxiliaire de vie….).

Le tissu social qui entoure la personne en souffrance psychique constitue également une ressource mobilisable. En effet, la souffrance psychique est souvent un frein à la socialisation. Les travailleurs sociaux proposeront aux personnes en souffrance psychique des lieux, des espaces, des actions intermédiaires qui activent des leviers autres que ceux du soin ou de l’entretien duel (sports, culture, maisons de quartier…). Ces espaces participent à l’insertion sociale du public dans la ville et constitueront un support à la prise en charge médico-sociale. Les personnes en souffrance psychique participeront alors à la vie de la cité

Les travailleurs sociaux du projet Silapsy n’ont pas vocation à se substituer à un accompagnement de droit commun : ils doivent permettre à la personne de renouer avec lui. L’accompagnement vise donc à travailler avec les réseaux et à activer les ressources déjà existantes.

Ce dispositif bénéficie de la permanence d’astreinte de sécurité assurée 7 jours /7, 24h/24 pour l’ensemble des services gérés par l’APUIS.

 

L’Accompagnement médical adapté est assuré par le pôle de psychiatrie est de niveau différent selon la situation.

Pour la personne déjà logée, l’équipe mobile psychiatrie et précarité travaille avec les 2 partenaires pour entrer en contact avec elle (première rencontre tripartite), instaurer une relation de confiance et l’emmener progressivement vers le Centre Médico Psychologique pour un relais paramédical et médical. L’accompagnement se fait sous forme de visite à domicile par les soignants du CMP dans un premier temps puis un accompagnement vers le CMP pour le relais.

Pour la personne sortant d’hospitalisation l’accompagnement se fait par les infirmiers (es) du CMP de référence et son référent médical existant, par des visites à domicile des infirmiers (es) et des consultations médicales et/ou psychologues au CMP.

Deux médecins psychiatres sont référents sur ce processus : le médecin référent de l’EMPP pour toutes les personnes inconnues de nos services et le médecin référent des Appartements Thérapeutiques pour toutes les personnes ayant déjà un suivi en psychiatrie

Lors de leur admission dans le dispositif, les personnes sont invitées à co-construire leur projet de soin et leur projet d’accompagnement social.

 

La sortie du dispositif

Au bout d’un an d’accompagnement, une évaluation est réalisée. Si les trois partenaires valident cette évolution, le bail glisse au niveau de la personne qui devient locataire en titre.

FINANCEMENT

Le dispositif bénéfice :

  • D’une subvention de 27 150 euros au titre du FNAVDL, suite à la réponse à l’appel à projet 10 000 logements accompagnés.
  • D’une subvention de 27 150 € de la Fondation de France (AàP sur l’accompagnement des personnes malades psychiques)
  • D’une subvention de 4 000 euros dans le cadre de l’appel à projets du contrat ville de l’agglomération nazairienne.

Ces subventions permettent de financer un mi-temps de travailleur social, soit l’accompagnement de 5 personnes.

Des recherches de fonds complémentaires auprès de fondations sont actuellement en cours afin de financer un second mi-temps de travailleur social et accompagner plus de personnes.

L’hôpital intervient à moyens constants et il serait nécessaire d’avoir 1 poste dédié.

POINTS DE VIGILANCE

Chercher à s’inscrire dans la durée car non pérennisation des crédits alloués.

EVALUATION

80% des personnes sont très satisfaites de l’accompagnement (questionnaires et test eladeb).

REPRODUCTIBILITE

Possible là où les acteurs travaillent en réseau et en confiance

Le dispositif SILAPSY est un dispositif expérimental qui réunit 3 opérateurs (SILENE, l’APUIS et les services de psychiatrie) qui intervenaient jusque-là chacun de leur côté. SILAPSY permet pour la première fois de lier, sur le territoire du bassin nazairien, une intervention sociale liée au logement et un contrat de soin.
Ce dispositif pourrait être produit sur n’importe quel autre territoire sur lequel il y aurait une volonté des acteurs de mieux articuler leurs actions.

LE POINT DE VUE DE L'UNAFAM

Alliance remarquable de trois partenaires (bailleur social, hôpital psychiatrique et association d’accompagnement) sur un territoire pour une insertion progressive par le logement de personnes vivant avec des troubles psychiques sévères. C’est ce à quoi devraient tendre les Conseils Locaux de Santé Mentale pour une mise en œuvre de solutions locales.

La difficulté est de bâtir sur des financements pérennes qui sortent des logiques administratives.