Un chez soi d’abord « HOUSING FIRST »

DATE DE PUBLICATION

2017

TYPE

Programme expérimental d’accès au logement ordinaire directement depuis la rue pour un public souffrant de pathologies mentales sévères.

NOM

Un chez soi d’abord « HOUSING FIRST »
Contact : Sylvie KATCHATOURIAN Tel : 06. 12. 50. 27. 93

LOCALISATION

Bouches du Rhône 44, Cours Belsunce 13001 MARSEILLE

OBJECTIFS

Répondre à la question des sans abri les plus vulnérables, échappant à la plupart des dispositifs d’accompagnement.

ORIGINE DU DISPOSITIF

Mise en oeuvre sous l’impulsion de l’Etat dans quatre villes « pilotes » Marseille, Grand Lille, Paris et Toulouse.

DATE DE MISE EN OEUVRE

2011

PROFESSIONNELS IMPLIQUES

Une directrice, un chef de service, deux médecins à mi-temps (un exerce son 2e mi-temps en libéral, l’autre est en fait détaché de l’Assistance publique Hôpitaux de Marseille), des travailleurs sociaux et deux médiateurs de santé-pairs. 15 personnes au total.

PUBLIC VISE

Personnes ayant passé plus de cinq ans dans la rue et rencontrant des troubles psychiatriques sévères.

CAPACITE D'ACCUEIL

Environ 75 personnes accompagnées à Marseille, particulièrement vulnérables et souffrant de pathologies psychiatriques sévères. 80% des personnes ont une addiction et plus de la moitié une pathologie somatique chronique.

DESCRIPTIF DU DISPOSITIF

1) Description détaillée :
– Les équipes sont en lien avec le SAMU, la structure associative recevant les personnes à la rue en journée, l’équipe mobilité de l’hôpital ou les CHRS.
– La structure travaille avec une association historiquement axée sur l’intermédiation bailleurs / locataires, le PACT 13, qui met des appartements à disposition.
– L’accès direct au logement sans condition
– Mise en place d’un accompagnement en binôme soutenu et pluridisciplinaire (état de santé : accepter un traitement médical – les addictions : stopper les substances psychoactives – gestion du logement, etc.)
– Partage du poids avec toute l’équipe : les 15 travailleurs sociaux sont multi-référents pour les 75 personnes accompagnées sur Marseille. Ils ont un lien internet commun pour suivre les informations en temps réel.
– Accompagnement basé sur les cinq grands principes de la philosophie du rétablissement : espoir, soutien, défense des droits, empowerment et responsabilité individuelle (autodétermination).
– Pratiques d’intervention sociales innovantes : aller vers les personnes : visites régulières à domicile une fois par semaine, chaque membre de l’équipe peut répondre à la demande première de la personne (cuisiner avec elle, réparer un évier bouché, remettre en route un  compteur), renvoi systématique vers le droit commun pour les interventions spécialisées,
supervision d’équipe mensuelle.

– Les intervenants réalisent les démarches d’accès et d’ouverture des droits avec la personne.
75% d’hommes et 25% de femmes sont présents dans ce programme « Un Chez Soi d’Abord » (proportion proche de celle des personnes présentes à la rue ou en situation de précarité).

2) Organisation :
Suivi au long cours: en 2015, soit 4 ans après le début de l’expérimentation, plus de 85% des personnes sont toujours logées et suivies.
– Le dispositif permet la poursuite de l’accompagnement quel que soit le parcours résidentiel de la personne, y compris en cas d’hospitalisation, d’incarcération et de sortie du logement.
– Un «chez soi d’abord» a mis en place un comité de gestion trimestriel où sont invités : le Conseil départemental et l’ARS.

3) Extension à la France :
353 personnes sont logées et accompagnées à ce jour.
432 logements ont été «captés» à 80% dans le parc privé (il s’agit du total des logements recherchés et loués depuis le début du dispositif)
70 000 visites à domicile effectuées par les professionnels des 4 équipes sur 5 ans, soit environ une visite par semaine auprès de chaque locataire.
Coût estimé entre 14 000 et 15 000 euros par an par personne, inférieur à ce que serait une autre la prise en charge, de ces personnes.

FINANCEMENT

60% Assurance Maladie, 40% D.D. Cohésion Sociale.

POINTS DE VIGILANCE

La limite se trouve dans la difficulté pour les bailleurs d’accepter le glissement du bail de l’association au locataire, et les difficultés pour accéder aux droits CAF.

EVALUATION

Parmi les personnes suivies depuis 3 ans, le recours aux droits, l’accès à des ressources et l’inscription chez un médecin traitant sont effectifs pour la quasi majorité d’entre elles.
D’autre part, l’acceptation de la maladie, la meilleure connaissance des symptômes, l’observance des traitements ainsi que l’engagement dans un suivi sanitaire s’intensifient avec la durée de l’accompagnement.
Les ruptures de prise en charge ou les situations de crise sont moins fréquentes et d’une gestion simplifiée.
L’ensemble des personnes a repris des liens avec son entourage, amis ou famille et 20% ont une activité professionnelle ou sont en formation.

REPRODUCTIBILITE

Oui, ce programme expérimental devrait s’étendre à 18 nouvelles villes.

LE POINT DE VUE DE L'UNAFAM

Importance de ce dispositif qui permet à des personnes à la rue avec des troubles psychiques sévères d’accéder à un logement sans condition.
Son déploiement dans toutes les villes importantes est urgent.